L’IA, ça s’apprivoise : arrêtez de poser des questions, commencez à donner des consignes.

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    nam1962nam1962
    Keymaster

      Je travaille avec des assistants IA : ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, Grok et d’autres : z.ai, Qwen, Copilot, DeepSeek, Mistral…

      Et comme beaucoup, j’ai mis du temps à comprendre pourquoi les résultats étaient si inégaux.

      J’ai surtout fini par comprendre que la différence venait beaucoup de la façon dont je m’en servais.

      Ce tuto part de ce que j’ai appris à force d’essais, d’erreurs et de sessions de travail avec plusieurs assistants en parallèle.

      L’objectif est simplement de vous éviter une partie de mes détours. 😉

      Niveau requis : aucun. Si vous savez copier-coller un texte, poser des questions et discuter avec quelqu’un, vous savez faire tout ce qui suit.


      Commencez par donner le contexte

      Chaque assistant démarre avec son propre contexte : ses paramètres, ses garde-fous, éventuellement une mémoire, ses limites techniques et ce qu’il connaît.

      Certains disposent d’une mémoire, si vous l’activez, mais je préfère ne pas trop compter dessus pour travailler.

      Au début d’un fil, je redonne donc explicitement ce qui compte.

      Par exemple, le scribe ne sait pas forcément que vous détestez les réponses fleuve ou que vous préférez les exemples concrets aux grandes théories.

      Si vous êtes déjà à l’aise sur un sujet technique, il ne sait pas non plus qu’il peut vous épargner les explications de niveau débutant.

      Sinon on obtient facilement une réponse très longue, prudente, générale… et parfois à côté de ce qu’on voulait.

      Le plus simple est donc de commencer la conversation en lui disant comment vous voulez travailler.

      C’est ce qu’on appelle un prompt (mot anglais, prononcez « prompte ») : tout simplement une consigne donnée au scribe.

      Pas besoin de quelque chose de compliqué.


      Pourquoi je parle de « scribe »

      Dans ce tuto, j’appelle l’assistant un scribe.

      Il sait rédiger, structurer, chercher des pistes, recouper des informations, signaler un problème et éventuellement vous contredire.

      Par contre il ne décide pas pour vous.

      Et un scribe qui trouve systématiquement toutes vos idées excellentes ne sert pas à grand-chose. 😛

      NB : Pourquoi « scribe » et pas « assistant » ? J’explique le choix dans un article séparé.

      Attention quand même : savoir très bien formuler une réponse ne signifie pas être expert de votre sujet.

      Si vous lui demandez un conseil médical sans être médecin, ou un calcul de structure sans être ingénieur, il peut vous sortir une réponse très convaincante… et fausse.

      Les scribes racontent parfois de très belles histoires avec beaucoup d’aplomb.

      Au moindre doute, je fais relire par un autre scribe avec une consigne du genre :

      Analyse ce texte et contredis si nécessaire.

      Et sur tout sujet à enjeu, santé, droit, argent, sécurité, je croise avec des sources fiables, des personnes qui connaissent réellement le sujet et les bons vieux moteurs de recherche !


      Mes deux blocs de base

      Au début j’avais tendance à tout mettre dans un gros paquet de consignes.

      À l’usage, je préfère séparer deux choses.

      D’un côté, ma façon de travailler. De l’autre, ce que j’attends du scribe.

      C’est aussi plus pratique à maintenir : je modifie encore régulièrement ces instructions, parfois après les avoir fait auditer par plusieurs scribes.

      Bloc 1 : mon profil de travail

      Ce premier bloc indique comment j’aime recevoir une réponse et ce qui m’agace.

      Il change assez peu suivant le sujet.

      Chez moi, il contient par exemple :

      • La conclusion en premier, les explications ensuite.
      • Pas d’introduction inutile, pas de reformulation de ma question.
      • Si tu n’es pas sûr, dis-le clairement au lieu de noyer l’incertitude dans un « probablement ».
      • Pas de moralisation, pas d’excuses.

      Évidemment vous mettrez les vôtres.

      Le but n’est surtout pas de copier mes préférences. 😉

      Bloc 2 : ce que j’attends du scribe

      L’autre bloc concerne son rôle pendant la conversation.

      Je veux qu’il travaille, qu’il critique si besoin et qu’il me signale une erreur, mais pas qu’il choisisse à ma place.

      J’ai résumé la limite comme ceci :

      Un scribe qui exécute sans jamais prendre position est un copiste. Un scribe qui décide à votre place est un usurpateur.

      Entre les deux, il peut très bien proposer, vérifier, critiquer ou signaler qu’une idée ne tient pas la route.

      Je lui donne donc explicitement le droit de me contredire.

      C’est important parce que les assistants suivent assez facilement le cadre qu’on leur donne, même si on part soi-même sur une mauvaise piste.

      Se faire dire qu’on a raison est agréable cinq minutes.

      Pour avancer, beaucoup moins.


      Ajouter des consignes quand j’en ai besoin

      Ces deux blocs me servent de base.

      Ensuite je ne colle pas quinze pages de consignes à chaque conversation.

      J’ajoute seulement ce qui sert pour le travail que je vais faire.

      Quelques exemples de mes blocs supplémentaires :

      • Engagement : je veux que le scribe prenne davantage position et sorte du cadre si quelque chose lui paraît faux ou incomplet.
      • Pas d’invention : je lui demande de vérifier au lieu de compléter tranquillement les trous de sa mémoire.
      • Étape par étape : très pratique en technique pour ne pas recevoir quinze commandes alors que la troisième va peut-être planter. 😉
      • Anti-tic : une passe de nettoyage après rédaction pour repérer les réflexes de prose typiques des LLM.

      Je garde donc une petite base stable et je pioche dans le reste suivant le besoin.

      Note pour les modèles à contexte court ou si vous surveillez de près le nombre de tokens : vous pouvez même ne mettre que le bloc définissant le rôle du scribe et ajouter votre profil uniquement quand il apporte quelque chose.


      Faire travailler plusieurs scribes sur le même sujet

      ChatGPT, Claude, Gemini, Grok et les autres ne répondent pas exactement de la même manière.

      Heureusement d’ailleurs.

      Ils n’ont pas les mêmes points forts et surtout pas toujours les mêmes défauts.

      Et ça bouge : celui que je trouve très bon aujourd’hui sur une tâche précise ne sera pas forcément mon choix dans six mois.

      Quand le travail le justifie, je donne donc la même chose à plusieurs scribes.

      Puis j’en prends un pour auditer le travail d’un autre.

      Il faut par contre lui demander clairement de chercher ce qui ne va pas.

      Sinon on obtient facilement quelque chose comme : « excellent travail, très complet, voici trois petites nuances »… et on ne sait toujours pas si le fond est juste. 😛

      J’ai donc cette règle dans mes consignes :

      Une validation totale sans contradiction argumentée sur un travail substantiel est le signe d’un audit raté.

      Sur les bons modèles ça fonctionne plutôt bien.

      Sur les autres, on obtient parfois surtout plus de politesse.

      Les consignes améliorent un bon modèle, elles ne lui ajoutent pas magiquement les compétences qu’il n’a pas.


      Quand un fil commence à devenir trop long

      Les modèles annoncent parfois des tailles de contexte impressionnantes.

      Ça ne veut pas dire que je garde mes conversations éternellement.

      Un fil peut encore accepter beaucoup de texte tout en devenant pénible à reprendre correctement.

      Au bout d’un moment, les décisions et corrections s’empilent. Une hypothèse abandonnée traîne cinquante messages plus haut, un document a été remplacé deux fois et il faut commencer à se souvenir de ce qui fait réellement foi.

      Le scribe peut aussi accorder trop d’importance aux échanges récents et perdre un peu le fil de ce qui avait été fixé au départ.

      Dans mon usage, autour de 60 000 tokens je commence à surveiller sérieusement le fil.

      Ce n’est pas une limite théorique du modèle, juste mon seuil pratique.

      Quand retrouver les bonnes décisions devient plus pénible que repartir proprement, je demande une synthèse de clôture.

      Puis j’ouvre un nouveau fil avec cette synthèse et les documents qui font foi.

      La synthèse doit permettre de reprendre le boulot, pas raconter toute l’histoire de la conversation.

      Je veux notamment y retrouver :

      • ce qui a été décidé ;
      • pourquoi ;
      • ce qui a déjà été essayé puis abandonné ;
      • les documents à utiliser maintenant ;
      • la prochaine chose à faire.

      Sinon le nouveau scribe commence par refaire une partie de l’enquête. 😉


      Clippings : pour éviter de retaper tout ça

      Évidemment, si vous devez retaper ces blocs à chaque nouvelle conversation, ça devient vite pénible.

      Certains services permettent d’en placer une partie dans leurs instructions permanentes.

      J’en utilise, mais je veux aussi pouvoir choisir rapidement mes consignes suivant ce que je suis en train de faire.

      Pour ça j’utilise l’extension Clippings pour Firefox.

      Elle stocke des morceaux de texte que vous pouvez ensuite insérer dans pratiquement n’importe quelle zone de saisie.

      Installation

      Cliquez sur le lien ci-dessus puis sur « Ajouter à Firefox ».

      L’icône Clippings apparaît dans la barre d’outils.

      Enregistrer un bloc

      1. Ouvrez le gestionnaire Clippings : clic droit dans une zone de texte > Clippings > Ouvrir le gestionnaire.
      2. Cliquez sur « Nouveau clipping ».
      3. Donnez-lui un nom : « Profil FR », « Scribe FR », etc.
      4. Collez votre texte.
      5. Sauvegardez.

      Et vous recommencez pour les autres.

      Vous pouvez aussi les ranger en dossiers depuis le gestionnaire.

      Mettre un clipping dans une conversation

      1. Cliquez dans la zone où vous écrivez votre prompt.
      2. Clic droit > Clippings.
      3. Choisissez le bloc voulu.

      Le texte est inséré directement.

      Pour une grosse session, je commence généralement par mon profil et le rôle du scribe.

      Puis j’ajoute éventuellement un clipping spécialisé.


      Comment je range mes clippings

      Le danger avec Clippings arrive un peu plus tard.

      On en crée un, puis deux, puis vingt, et un jour on découvre qu’on a trois prompts qui font presque la même chose sans très bien se souvenir pourquoi. 😉

      J’utilise maintenant une règle assez simple :

      La fonction d’un clipping doit pouvoir être formulée en une phrase.

      Ça ne veut pas dire que le clipping doit être court.

      Il peut demander beaucoup de vérifications ou produire plusieurs éléments.

      Mon clipping de synthèse de clôture, par exemple, génère plusieurs blocs. Mais tout sert au même objectif : permettre à un nouveau scribe de reprendre correctement le travail.

      Une contrainte supplémentaire n’est donc pas forcément une nouvelle fonction.

      Par contre, si deux opérations peuvent servir séparément, je préfère généralement faire deux clippings.

      J’ai par exemple trois clippings autour de la révision de texte :

      • Anti-tic : il corrige directement le texte.
      • Audit anti-tic : il cherche les défauts mais ne modifie rien.
      • Révision après audit : il applique uniquement les corrections que j’ai retenues.

      Je peux ainsi faire une passe rapide ou, pour un texte important, séparer l’audit et la correction.

      Et oui, j’ai fini par créer un clipping… pour contrôler mes clippings. 😛

      Le voici :

      Un clipping réutilisable doit avoir une fonction unique formulable en une phrase. Les instructions peuvent développer cette fonction, mais ne doivent pas en introduire une seconde. Une contrainte, une méthode de contrôle ou une condition d’exécution qui sert directement la fonction principale ne constitue pas une fonction distincte.

      Pour chaque clipping fourni, énonce sa fonction en une phrase. Si tu n’y arrives pas, nomme les fonctions distinctes qu’il contient et indique où couper. Signale les recouvrements fonctionnels avec d’autres clippings, en distinguant les vrais doublons des contraintes volontairement répétées ou des modificateurs destinés à un autre usage. Ne propose pas de réécriture.

      Ça paraît un peu maniaque.

      Ça l’est probablement. 😛

      Mais une bibliothèque de prompts ressemble finalement pas mal à du code mou : si on ne l’entretient pas, on finit avec plusieurs versions de la même chose et plus personne ne sait laquelle utiliser.


      Télécharger mes blocs et mes clippings

      J’ai mis ceux que j’utilise sur Codeberg :

      Voir le dépôt ai-scribes sur Codeberg

      Vous y trouverez notamment :

      • mon profil de travail ;
      • les consignes définissant le rôle du scribe ;
      • les modificateurs que j’ajoute suivant les situations ;
      • ma bibliothèque de clippings ;
      • les règles que j’utilise pour les auditer et les faire évoluer.

      Ce n’est pas une bibliothèque terminée une fois pour toutes.

      Je change encore des choses à force de tests et d’erreurs, et je fais régulièrement auditer les modifications par plusieurs scribes.

      Le dépôt est versionné, donc vous pouvez voir les changements.


      Si vous testez vos propres méthodes ou si vous avez trouvé mieux, les commentaires sont là pour ça.

      Et si vous voulez savoir pourquoi je m’obstine à parler de scribes plutôt que d’assistants, j’ai pondu un article entier là-dessus. 😉

      Un jeune site que j'aime bien, la ferrari du T-shirt ...bio en plus : GoudronBlanc

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