Comprendre le syndrome d’Asperger (TSA) : signes et comportements

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    Syndrome d’Asperger

    Introduction

    Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme qui se caractérise par l’absence de déficience intellectuelle et de retard de langage.

    Le fonctionnement des autistes asperger les amène à des stress d’une violence interne incompréhensible aux normopensants.

    Cette incompréhension est également marquée par la croyance d’une « insensibilité émotionnelle » des autistes, véhiculée par le cinéma et la presse grand public, alors que l’asperger et les TSA en général sont justement hypersensibles.

    Le TSA est un handicap invisible comme 80% des handicaps, son diagnostic permet des ajustements et protections.

    Schématiquement, le cerveau de l’aspie absorbe et traite une masse inouïe d’informations cognitives et sensorielles. Lorsqu’il sature, il privilégie le détail au détriment de l’ensemble du contexte.

    C’est un handicap et non une maladie, donc ça ne se traite pas, simplement on adapte l’environnement et l’attitude des personnes qui côtoient les aspergers.

    Si un TSA prend des médicaments, ce sera pour des problématiques additionnelles à son syndrome, pas pour le handicap en soi.

    Définition

    En termes savants, ce syndrome est un état neurologique du spectre autistique qui touche au fonctionnement du cerveau et fait partie des troubles du développement.
    Il est plus fréquent chez les garçons que chez les filles, avec une prévalence d’environ 4 à 5 fois supérieure.
    Les causes de ce syndrome ne sont pas entièrement comprises, bien que l’hérédité, soit souvent évoquée.

    Les caractéristiques associées au syndrome d’Asperger résultent d’une différence dans la façon dont le cerveau reçoit et traite les informations.
    Cette particularité conduit à une perception unique de la vie et du monde qui entoure les personnes atteintes, ainsi qu’à des différences dans les interactions sociales.

    Ces différences se manifestent par des comportements répétitifs ou restreints, des intérêts spécifiques et intenses dans certains sujets, des difficultés dans la communication non verbale, des problèmes pour comprendre les codes sociaux et des défis dans la compréhension des émotions des autres.

    Repérage

    Une auto qualification n’existe pas dans ce domaine, il existe des batteries de tests structurés proposés par des psychologues ou des psychiatres qui seuls permettront le diagnostic.
    Le plus souvent le TSA est repéré dans la petite enfance, il est plus long et complexe a diagnostiquer pour les adultes qui auront développé des comportements de protection.

    Il est essentiel de pouvoir comprendre une personne atteinte du syndrome d’Asperger afin de lui offrir un accueil approprié.
    Ces personnes se sentent souvent incomprises et souffrent profondément de leur différence.

    Comment l’autiste asperger perçoit-il le monde ?

    Les troubles du spectre autistique (TSA), y compris le syndrome d’Asperger, peuvent être comparés aux réflexes d’un animal sauvage ou d’une bête fauve.

    Voici quelques similitudes qui peuvent être observées :

    • Attention en éveil constant : Les personnes TSA sont constamment vigilantes et ont une sensibilité sensorielle accrue, voire exacerbée..
      Comme les animaux sauvages qui sont toujours alertes face aux dangers potentiels, elles sont hypersensorielles vis à vis de leur environnement.
    • Habitudes pour être bien : elles trouvent du réconfort et de la sécurité dans la routine et les habitudes.
      De la même manière, les animaux sauvages ont souvent des comportements ritualisés et des routines pour survivre dans leur environnement, par exemple ils utilisent les même coulées, ou s’appuient sur les mêmes arbres.
    • Difficulté à être apprivoisé : Les TSA ont des difficultés à s’adapter aux normes sociales et aux attentes de la société.
      Tout comme certains animaux sauvages qui ne peuvent pas être apprivoisés ou domestiqués, ils ont du mal à se conformer aux conventions sociales.
    • Difficulté à comprendre les domestiqués : leurs interactions sociales leur sont complexes, voire absconses, car ils ont du mal à comprendre les codes sociaux et les émotions des autres.
      De la même manière, les animaux sauvages ne peuvent avoir les comportements des animaux domestiques qui ont été modifiés par la sélection humaine.

    Il est important de noter que cette comparaison est métaphorique et vise à illustrer certaines similitudes dans les comportements et les défis qu’elles rencontrent.

    Comment le TSA asperger vit-il le quotidien ?

    Un asperger a du mal dans une foule, a besoin de se poser tranquillement et a souvent une CMI priorité (carte mobilité inclusion « priorité »).

      • Les Asperger sont facilement submergés par les stimuli sensoriels intenses présents dans une foule, comme le bruit, la lumière ou les odeurs.

    En quelque sorte leur « moteur » n’est pas du tout réglé comme celui des normopensants, ce qui crée des décalages parfois important.
    Imaginez une voiture de rallye descendant les Champs-Élysées à l’heure de pointe : son pilote serait bien désemparé !

      • Ils ont besoin de trouver un endroit calme pour se détendre et se concentrer, afin de retrouver leur équilibre.
      • Ils peuvent parfois bénéficier d’une CMI (version modernisée de la carte handicap) avec la mention priorité, qui leur permet d’éviter les files d’attente ou les situations stressantes.

    Variable en fonction de chaque personne, cette hypersensorialité peut toucher tous les sens.
    Elle provoque un état de stress important chez une personne autiste, qui peut avoir des réactions intenses et surprenantes.

    • Certaines sensations peuvent être ressenties de manière extrêmement intense et être perçues comme inconfortables ou accablantes.
    • Près de 90% des TSA présentent des altérations sensorielles et ce quelle que soit la sévérité du trouble.
    • Un Asperger a du mal à aborder une nouvelle personne.
      • Il a des difficultés à comprendre et à utiliser les codes sociaux implicites nécessaires pour entamer une conversation avec une nouvelle personne, tels que le contact visuel, le sourire ou la distance interpersonnelle.
      • Il éprouve également des difficultés à trouver des sujets de conversation communs, car ses centres d’intérêt diffèrent de ceux de la majorité des gens.
      • En outre, ils craignent le jugement ou le rejet des autres, qui peuvent les percevoir comme étant différentes ou inadaptées.
    • Un Asperger a du mal à se rendre dans un nouvel endroit.
      • Les personnes Asperger ont souvent une préférence pour la routine et les habitudes, qui leur procurent un sentiment de sécurité et de prévisibilité.
      • Elles ressentent de l’anxiété face au changement et à l’inconnu, qui peuvent perturber leur équilibre.
      • S’adapter à un nouvel environnement est difficile pour elles, car cela peut être différent de ce qu’elles avaient anticipé ou espéré.
    • Un Asperger s’exprime souvent « sans filtre ».
        • Les personnes Asperger disent ce qu’elles pensent, sans appréhender l’impact sur l’interlocuteur.
        • Elles sont assez manichéennes, tranchées dans leurs opinions et discours ainsi que passionnée par leur point de vue (souvent très documenté).
        • Cet esprit acéré et critique, cette communication « cash » déroutent beaucoup leur entourage.

    Tout ceci impacte la vie de l’asperger et ses comportements sont différents de ceux des normopensants, il est important de les comprendre pour avoir la bienveillance qui l’aidera.

    Quelles sont les « complication » dans la vie d’un autiste asperger

    Le TSA a comme effets :

    • Difficulté à se faire des amis : Les personnes atteintes du syndrome d’Asperger ne comprennent pas les règles sociales implicites et non verbalisées, ce qui rend la création d’amitiés complexe.
      Elles ont également du mal à attribuer des pensées aux autres et à saisir les intentions derrière leurs actions.
    • Empathie différente : Contrairement à la croyance populaire, les autistes Asperger ne manquent pas d’empathie.
      Ils ressentent les émotions des autres, mais ont des difficultés à y réagir de manière appropriée ou à trouver les réponses adéquates dans certaines situations.
    • Troubles dans la communication non-verbale : ces personnes ont tendance à éviter le contact visuel lors d’une conversation ou parfois, en tentant maladroitement d’ajuster leur attitude, à fixer de manière étrange.
      Leur voix peut être monotone et ne pas correspondre à ce qu’elles expriment verbalement.
      Elles utilisent peu leurs mains et ont des expressions faciales limitées ou étranges pour communiquer.
      (Par exemple, un asperger peut sourire en parlant, en décalage complet avec son discours)
    • Mutisme ou logorrhée inexpliqués : Le comportement d’un asperger sera décalé selon son environnement.
      Elle peut être « trop » bavarde et « trop » à l’aise dans certains contextes, comme en famille ou avec son groupe de travail, mais se replier sur elle-même et rester silencieuse dans des situations sociales publiques ou dans des endroits qui l’intimident ou l’ennuient.
    • Difficultés à écouter les autres : Lors d’une conversation, ils ont le plus grand mal à écouter activement son interlocuteur.
      Si le sujet de discussion les passionne, ils sont absorbés par leurs propres pensées et ne pourront pas remarquer que l’interlocuteur souhaite parler ou mettre fin à la conversation.
    • Centre d’intérêt quasi exclusif : Les Asperger développent soudain une passion ou une spécialisation hors norme pour un sujet spécifique.
      Ils peuvent s’immerger totalement dans l’apprentissage d’un langage informatique, explorer à fond la cuisine d’un pays ou passer des heures à regarder des petits animaux déambuler.
      Ces centres d’intérêt sont intenses et durent un certain temps.
    • Besoin de routine : Les TSA ont besoin d’une certaine routine pour se sentir bien.
      Ils ont beaucoup de mal à s’adapter aux changements et aux imprévus, qui les rendent anxieux ou irritables.
      Tout bouleversement de leurs habitudes a un impact significatif sur leur bien-être.
    • Immersion dans des loisirs : Étant donné que les personnes atteintes d’Asperger ne sont pas toujours comprises par leur entourage, elles ont tendance à se réfugier dans des loisirs qui leur procurent un réel réconfort.
      Certaines se tournent vers les jeux vidéo, tandis que d’autres trouvent refuge dans le dessin ou d’autres formes d’expression artistique.
      L’objectif principal est de s’évader.
      Perturber leur immersion dans ces activités va les déstabiliser profondément et les plonger dans des états dépressifs.
    • Interprétation littérale : Les aspies ont des difficultés à comprendre les métaphores, le langage figuré ou l’ironie.
      Ils ont tendance à prendre les propos au sens littéral et peuvent demander des explications sur certaines expressions utilisées.
      Il est donc important de choisir ses mots avec soin lorsqu’on s’adresse à eux car ces mots se gravent dans leur esprit.
    • Difficultés motrices : La coordination des mouvements peut être un indice permettant de les reconnaître.
      Ils peuvent être maladroits ou rencontrer des difficultés inattendues dans les activités sportives.
      Leur démarche peut sembler malhabile, elles peuvent se fatiguer rapidement et avoir du mal à retenir des séries de mouvements ou des coordinations spécifiques.
      Leur gestuelle est très instinctive et difficile à structurer.
      Cela n’empêche pas de parfois exceller dans un sport, mais dans ce cas avec une gestuelle hors norme et généralement non réplicable.
    • Sensibilité sensorielle ou sensibilité accrue: Les stimuli sensoriels excessifs peuvent entraîner une réaction de surcharge sensorielle, qui peut se manifester par des comportements de retrait, des crises, de l’irritabilité ou d’autres comportements adaptatifs pour faire face à la surstimulation.
      Voici quelques exemples d’hypersensibilité sensorielle chez les personnes atteintes de TSA :

      • Hypersensioralité auditive : Les bruits ambiants, même ceux qui sont considérés comme normaux par d’autres personnes, peuvent sembler extrêmement forts et perturbateurs pour les personnes atteintes de TSA.
        Pour elle ils se superposent, créant un capharnaüm insupportable.
      • Hypersensioralité visuelle : Les lumières vives, les motifs complexes ou les changements rapides dans l’environnement visuel peuvent provoquer une gêne visuelle. Parfois, c’est l’inverse : une atmosphère tamisée peut être insupportable.
      • Hypersensioralité tactile : Certaines textures, étiquettes de vêtements, contacts physiques ou sensations tactiles peuvent être désagréables ou douloureux.
      • Hypersensioralité olfactive : Les odeurs légères ou communes peuvent être perçues de manière très intense et désagréable. Les Aspies aimeront des odeurs bizarres (épandage de purin…)
      • Hypersensioralité gustative : Certains goûts peuvent être aversifs ou entraîner des blocages ou au contraire addictions alimentaires.

    Pour beaucoup de normies, le handicapé « fonctionne moins bien ».
    Qu’il fonctionne mieux ou plus vite est dérangeant. (tout au moins pour un handicap invisible comme le TSA : le même normie sera moins tranché quand il verra un aveugle avoir un toucher ultraprécis et performant).

    Le fait est d’ailleurs que fonctionner plus vite n’empêche pas les erreurs^^

    Un truc plus problématique est l’honnêteté : l’aspie ment mal ou pas.
    Il est très choqué par le malhonnête et en plus le dit ! Ça donne des résultats souvent piquants !

     

    Classification du TSA Asperger

    Le syndrome d’Asperger n’est plus utilisé comme désignation diagnostique officielle dans certaines nomenclatures, dont celle de l’OMS, même si les asperger et leurs proches continuent souvent d’utiliser ce terme ou celui plus affectueux d’aspie.

    Il a été remplacé par le terme de trouble du spectre de l’autisme (TSA) de haut niveau, qui désigne les personnes autistes ayant un quotient intellectuel moyen ou supérieur à la moyenne.

    Certains aspies présentent également un haut potentiel intellectuel (HPI), c’est-à-dire un quotient intellectuel supérieur à 130.
    On parle alors de TSA + HPI.

    Cela permet de mieux appréhender la complexité et les spécificités des individus qui présentent ces deux caractéristiques.

    Ces personnes ont souvent des capacités exceptionnelles ou déroutantes, mais aussi des difficultés spécifiques liées à leur double particularité.

    On parle aussi parfois d' »autisme asperger » pour le distinguer d’autres formes d’autisme avec déficience intellectuelle dont l’impact social est très différent. (C’est souvent ce dernier qui est connu par le grand public, compliquant la compréhension.)

    Il ne faut pas non plus les confondre avec l’autisme « syndrôme du savant » (illustré par le film Rain Man) Ce syndrôme spécifique amène des performances de mémorisation, calcul, sensibilités exceptionnelles mais sans la dimension HPI (le « vrai » Rain Man avait un QI de 87).

    Diagnostic de l’autisme asperger

    Comme dit plus haut, l’auto-diagnostic n’a aucune valeur dans le domaine. Pour autant, le diagnostic peut partir de questions ou observations personnelles : il existe des questionnaires qui peuvent ouvrir une suspicion de TSA qui ne pourra être confirmée ou invalidée que par un médecin spécialisé après entretiens structurés ADOS-2 ou ADIR-R.

    Pour la dimension HPI, là aussi, seul un diagnostic qualifié peut confirmer, les autoqualifications n’ont pas de sens.
    Les tests WAIS-IV ou WISC-V sont ceux considérés par la médecine.
    Le test de Mensa est également fiable, mais n’aura pas d’interprétation médicale.

    Ressources sur l’autisme asperger

    Un jeune site que j'aime bien, la ferrari du T-shirt ...bio en plus : GoudronBlanc

    #12507
    jlfh0816jlfh0816
    Modérateur

    Remarquable article à propos d’une pathologie complexe et encore mal cernée. Le propos est agréable à lire et accessible au grand public : bravo !
    Parmi les patients célèbres présentant un trouble TSA + HPI, on soupçonne fortement le physicien anglais Paul Dirac (prix Nobel de physique en 1933). Pour l’anecdote, ses élèves et/ou ses collègues physiciens s’étonnaient de la grande rareté de sa parole. Au point de proposer d’en faire (humoristiquement bien sûr) une unité de mesure du débit verbal. Ainsi, selon les sources,le dirac équivalait à 1 mot ou à 100 mots par an (pour approfondir cette caractéristique de ce physicien génial, voir ce lien : https://www.guichetdusavoir.org/question/voir/55174).

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